À propos du vendeur
Oublié – peut-être pour avoir osé publier des romans pour la jeunesse et, pire, avoir connu un franc succès grâce à eux -, Marryat est avant tout un conteur-né qui suscitera l’engouement de personnalités aussi diverses que Woolf, Coleridge, Conrad, Ruskin, Thackeray ou Daudet. Même s’il n’est pas le premier – Smollett l’a précédé – ” Captain ” Marryat fait entrer par la grande porte l’aventure maritime dans la littérature. Si Marryat est peu intéressé par l’aspect métaphysique de la mer – comme le seront Melville et Conrad -, il en fait – alliée ou ennemie, salvatrice ou destructrice – un personnage à part entière, tout comme les grandes forces élémentaires : le vent, le soleil, les éclairs. La mer est un théâtre, le voyage un rite de passage de l’adolescence à l’âge adulte lors duquel réel et imaginaire tiennent tour à tour la barre. La mer est aussi cette ultime ordalie devant laquelle personne ne peut mentir – les croyances, la loyauté, la moralité y sont rudement mises à l’épreuve. Le charme du Vaisseau fantôme est intact, telle une eau de jouvence pour des esprits imprégnés de freudisme et de doute qui, peu enclins à croire aux héros, restent néanmoins avides de péripéties endiablées, d’humour et de vigueur. Le Vaisseau fantôme n’est pas un roman psychologique : pas de diable qui révèle l’ange, pas de héros qui masque un pleutre. Toutefois, à la faveur d’une description nette et ciselée de tous ces personnages au caractère univoque qui le hantent : Philippe, le vrai héros en quête, Amine, son grand amour – figure de légende à elle seule -, Schriften, son adversaire pugnace au rire surnaturel, Krantz, son ami valeureux au destin tragique et toute la cohorte de capitaines obsédés, de pères avares ou de prêtres fourbes, c’est une véritable comédie humaine qui se joue sous les yeux du contemporain, captive par ce sens du récit dont la littérature populaire du XIXe siècle a détenu le secret. Si le lecteur a dans l’oreille les quelques phrases musicales de la version que donne Wagner du Hollandais volant, ou dans l’œil l’apparition mythique d’Ava Gardner devant James Mason dans Pandora, nul doute que cette traduction antérieure du mythe tiendra, dans sa mémoire, la comparaison.
Description
Oublié – peut-être pour avoir osé publier des romans pour la jeunesse et, pire, avoir connu un franc succès grâce à eux -, Marryat est avant tout un conteur-né qui suscitera l’engouement de personnalités aussi diverses que Woolf, Coleridge, Conrad, Ruskin, Thackeray ou Daudet. Même s’il n’est pas le premier – Smollett l’a précédé – ” Captain ” Marryat fait entrer par la grande porte l’aventure maritime dans la littérature. Si Marryat est peu intéressé par l’aspect métaphysique de la mer – comme le seront Melville et Conrad -, il en fait – alliée ou ennemie, salvatrice ou destructrice – un personnage à part entière, tout comme les grandes forces élémentaires : le vent, le soleil, les éclairs. La mer est un théâtre, le voyage un rite de passage de l’adolescence à l’âge adulte lors duquel réel et imaginaire tiennent tour à tour la barre. La mer est aussi cette ultime ordalie devant laquelle personne ne peut mentir – les croyances, la loyauté, la moralité y sont rudement mises à l’épreuve. Le charme du Vaisseau fantôme est intact, telle une eau de jouvence pour des esprits imprégnés de freudisme et de doute qui, peu enclins à croire aux héros, restent néanmoins avides de péripéties endiablées, d’humour et de vigueur. Le Vaisseau fantôme n’est pas un roman psychologique : pas de diable qui révèle l’ange, pas de héros qui masque un pleutre. Toutefois, à la faveur d’une description nette et ciselée de tous ces personnages au caractère univoque qui le hantent : Philippe, le vrai héros en quête, Amine, son grand amour – figure de légende à elle seule -, Schriften, son adversaire pugnace au rire surnaturel, Krantz, son ami valeureux au destin tragique et toute la cohorte de capitaines obsédés, de pères avares ou de prêtres fourbes, c’est une véritable comédie humaine qui se joue sous les yeux du contemporain, captive par ce sens du récit dont la littérature populaire du XIXe siècle a détenu le secret. Si le lecteur a dans l’oreille les quelques phrases musicales de la version que donne Wagner du Hollandais volant, ou dans l’œil l’apparition mythique d’Ava Gardner devant James Mason dans Pandora, nul doute que cette traduction antérieure du mythe tiendra, dans sa mémoire, la comparaison.
Auteur
Frederick MarryatNombre de pages
522État
- Très bon état
Reliure
- Broché
Largeur
13.49Épaisseur
3.2Longueur
21.49SBN 13
9782714306555ISBN 10
2714306551Méthode de livraison
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