À propos du vendeur
Simple roman autobiographique, dira-t-on. Vassilikos n’est-il pas grand amateur de masques et de doubles ? … L’affaire n’est pourtant pas si simple. Disons qu’elle se complique au fur et à mesure de la lecture, suffisamment pour faire du livre un objet étrange et déroutant. Car si Florios n’était qu’un pseudonyme, pourquoi l’auteur aurait-il tenu à en faire un personnage aussi résolument antipathique ? Un type cynique, pervers, menteur, vénal, méprisant, lubrique, vulgaire, égocentrique, ignoble et manipulateur : la parfaite incarnation du mufle … Mais tout est bon aussi, chez Vassilikos, pour se jouer d’un lecteur pris dans les rets malfaisants de son personnage principal, et qui s’interroge sur la source de son malaise. Est-ce le roman ou les conduites qu’il met en scène, la langue de l’auteur ou les métaphores douteuses du narrateur ? Est-ce la teneur même du titre que l’auteur éclaire par d’étranges images (“le temps, qui ne rapporte pas d’intérêts à la banque des sentiments, ne permet d’en monnayer aucun”) ? Car l’ambiguïté ultime, c’est que Florios n’est guidé par rien d’autre qu’un amour sincère et irrémédiablement perdu. L’homme est cynique par idéal, inconstant par fidélité. C’est cela, sans doute, le “prix des sentiments”. On en ressort perplexe. New York. 1979. Prise d’otages à Téhéran. Un narrateur, double de l’auteur, veuf à quarante-quatre ans, erre dans la nouvelle Babylone à la recherche d’une nouvelle vie. Lui aussi est comme pris en otage, par les femmes qui l’aiment, et l’on ne sait plus si c’est lui, ou elles, qui mène le jeu. Elles ? C’est d’abord l’épouse trop tôt disparue, à laquelle il écrit des lettres d’un romantisme fiévreux. C’est ensuite Flora, la belle hippie de Central Park, avec qui il se livre à un ballet érotique dont il nous révèle cruellement les ficelles intellectuelles. C’est enfin Chryssorroé, la riche admiratrice qui finance sa tournée de conférences en Amérique. Sur un ton trivial et dans une prose savante, l’auteur manie le sarcasme et l’autodérision pour mieux laisser libre cours au lyrisme amoureux. Le prix des sentiments est fixé par celui qui les provoque. Un grand roman de séduction et de lucidité, troublant comme un parfum masculin.
Description
<p>Simple roman autobiographique, dira-t-on. Vassilikos n’est-il pas grand amateur de masques et de doubles ? … L’affaire n’est pourtant pas si simple. Disons qu’elle se complique au fur et à mesure de la lecture, suffisamment pour faire du livre un objet étrange et déroutant. Car si Florios n’était qu’un pseudonyme, pourquoi l’auteur aurait-il tenu à en faire un personnage aussi résolument antipathique ? Un type cynique, pervers, menteur, vénal, méprisant, lubrique, vulgaire, égocentrique, ignoble et manipulateur : la parfaite incarnation du mufle … Mais tout est bon aussi, chez Vassilikos, pour se jouer d’un lecteur pris dans les rets malfaisants de son personnage principal, et qui s’interroge sur la source de son malaise. Est-ce le roman ou les conduites qu’il met en scène, la langue de l’auteur ou les métaphores douteuses du narrateur ? Est-ce la teneur même du titre que l’auteur éclaire par d’étranges images (“le temps, qui ne rapporte pas d’intérêts à la banque des sentiments, ne permet d’en monnayer aucun”) ? Car l’ambiguïté ultime, c’est que Florios n’est guidé par rien d’autre qu’un amour sincère et irrémédiablement perdu. L’homme est cynique par idéal, inconstant par fidélité. C’est cela, sans doute, le “prix des sentiments”. On en ressort perplexe. New York. 1979. Prise d’otages à Téhéran. Un narrateur, double de l’auteur, veuf à quarante-quatre ans, erre dans la nouvelle Babylone à la recherche d’une nouvelle vie. Lui aussi est comme pris en otage, par les femmes qui l’aiment, et l’on ne sait plus si c’est lui, ou elles, qui mène le jeu. Elles ? C’est d’abord l’épouse trop tôt disparue, à laquelle il écrit des lettres d’un romantisme fiévreux. C’est ensuite Flora, la belle hippie de Central Park, avec qui il se livre à un ballet érotique dont il nous révèle cruellement les ficelles intellectuelles. C’est enfin Chryssorroé, la riche admiratrice qui finance sa tournée de conférences en Amérique. Sur un ton trivial et dans une prose savante, l’auteur manie le sarcasme et l’autodérision pour mieux laisser libre cours au lyrisme amoureux. Le prix des sentiments est fixé par celui qui les provoque. Un grand roman de séduction et de lucidité, troublant comme un parfum masculin.</p>
Reliure
- Broché
État
- Très bon état
Épaisseur
1.8Longueur
20.5Largeur
14Nombre de pages
208ISBN 10
2020349906SBN 13
9782020349901Auteur
Vassilis VassilikosMéthode de livraison
Avis
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